TRAITER AU NATUREL

PURINS et COMPAGNIE…

 

Adieu Pesticides (interdit depuis le 1er janvier 2019- application de la loi Labbé)

Mais « keskipudontan » potager grand-père. Le coupable ? Son purin d’ortie en pleine maturation ! Il l’a mis loin de la maison mais ne le fera pas abdiquer : ces préparations sont excellentes pour ses légumes.

La consoude ou l’ortie on y gagne à tous les coups.

Questions de vocabulaire : mon grand-père prépare des infusions, des macérations, et il en arrose ses plantations ou les pulvérise sur ses légumes. Des engrais formidables, d’après lui ! Mais ils n’en sont pas. Ces recettes maison servent à renforcer les plantes et à les prémunir des attaques de parasites ou des maladies. Elles leur donnent un  gain de vigueur pour affronter le gel ou la sécheresse. On doit parler de « phytostimulants » ou de « biostimulants », de « stimulateurs de défense » ou, à la rigueur « d’éliciteurs ». Ça a fait suffisamment de foin dans les potagers pour le préciser.

 

Le PURIN de CONSOUDE

La consoude (symphytum officinale) se reconnait à ses grandes feuilles. Les anciens jardiniers se contentaient de déposer des feuilles fanées ou de les enfuir au moment de la plantation. Vous pouvez remplacer cette pratique par l’usage du purin.

 

La recette : Laisser macérer 1 kg de jeunes feuilles fraîches dans 10 litres d’eau, dans un seau en plastique (pas de contenant métallique) Couvrez pour éviter les nuées de moucherons ou de moustiques. Brassez une fois par semaine et filtrez au bout de 4 semaines. Transvasez le purin dans des bidons en plastique. Fermez et conservez à l’abri de la lumière et de la chaleur jusqu’à 3 semaines.

Le mode d'emploi : Utilisez non diluer, à raison de 3 à 5 arrosages espacés de 3 semaines, entre mars et septembre. Le 1er arrosage ne doit pas se faire avant 15 jours suivant la plantation. Le purin est riche en azote, en oligo-éléments, notamment en bore et potassium, il est donc indiqué pour les cultures fruitières et les légumes fruits.

 

Le PURIN d’ORTIE

Pour fabriquer vous-même cet excellent engrais et antiparasitaire, toutes les espèces d’ortie conviennent.

La recette : Faites macérer 1 kg de feuilles fraîches dans 10 litres d’eau pendant 12 à 15 jours. Il se produit une fermentation visible par la production de petites bulles qui remontent à la surface. Filtrez avant l’utilisation.

Le mode d’emploi : Arrosez les cultures légumières toutes les 3 semaines, en diluant à 20% (soit 2 litres de purin pour 8 litres d’eau). Sinon, utilisez-en pulvérisation à 5% (soit 50 cl de purin pour 9,5 litres d’eau)

Dans le même principe vous pouvez faire du purin de feuilles de rhubarbe, une dizaine de feuilles dans 10 litres d’eau, laissez macérer pendant 72 heures environ, filtrez mais à utiliser pur (toujours) avec pulvérisateur contre les pucerons (fèves, haricots….) ou contre le ver, ou la teigne du poireau. Peut se garder dans un récipient en plastique plusieurs semaines, même plusieurs mois ou refaire à la demande.

 

Comme la période estivale approche, nous ne sommes pas à l’abri de l’arrivée de maladies surtout sur nos tomates ou sur la pomme de terre principalement ( mildiou..)

 

LA BOUILLIE BORDELAISE

Mon grand-père ne s’est jamais posé la question, la bouillie bordelaise, il en a toujours pulvérisé ! Un peu, trop même… Aujourd’hui, s’il elle est admise pour le jardinage biologique, certains la montrent du doigt et cette pratique doit être reconsidérée.

 

Une formule au vitriol bleu

Ses propriétés : La bouillie bordelaise est un mélange de Sulfate de cuivre (entre 10 et 20 g/litre) et de chaux éteinte employé principalement comme fongicide en mesure préventive. Elle est aussi bactéricide et algicide.

Sa teinte : Sa coloration bleue présente un avantage, vous pourrez ainsi facilement repérer les parties traitées sitôt qu’elle commence à sécher.

A bon escient et à bonne dose

Attention ! Afin d’éviter le risque de brûlures provoquées par les rayons du soleil, traitez toujours le matin ou, mieux, en fin de journée, et jamais si le thermomètre indique plus de 25° à l’ombre.

Par temps sec : Ne pulvérisez jamais si de la pluie est annoncée. La bouillie bordelaise serait rapidement lessivée !

Les rendez-vous immanquables : Le traitement des arbres fruitiers est obligatoire. Le calendrier sanitaire vous fixe 3 rendez-vous : le 1er en automne à base d’huile, dirigé contre les insectes, les 2 autres avec la bouillie bordelaise, pour éliminer les champignons. Pulvérisez-la une première fois à la chute des feuilles, en la laissant bien ruisseler sur les branches et le tronc, puis une 2éme fois au tout début du printemps, au gonflement des bourgeons, juste avant qu’ils débourrent. Faites de même pour vos rosiers mais continuez les applications tous les mois pendant la culture. Bien entendu pour une question d’esthétique, utilisez une formule incolore.

 

Et dans le potager ?

Traitez au fur et à mesure de la croissance seulement si vous avez eu des antécédents de maladies (mildiou de la pomme de terre ou de la tomate principalement) car la bouillie retarde le feuillage.

Avec 3 traitements espacés de 1 mois à 6 semaines durant la culture, vous couvrirez une période allant de 3 à 4,5 mois, ce qui est suffisant pour la plupart des cultures de printemps et d’été.

 

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